JEUNES EN MOUVEMENT

QUAND L’ESPÉRANCE DES JEUNES DEVIENT ACTION

La réflexion d'une jeune scientifique (biochimiste de formation) engagée dans l'action de pastorale sociale au sein de sa communauté de la Petite-Patrie,  nous injecte avec puissance et conviction toute son espérance qui la soutient et la nourrit dans son engagement immédiat et face au monde à venir.

J’observe un grand désir chez les jeunes de voyager, que ce soit dans le but de s’arrêter et déconnecter ou en quête de connaissance de soi et du monde.

Aujourd’hui, 4 ans et demi depuis l’obtention d’une maitrise en sciences (biochimie) et le commencement d’un mandat en Église, dans le volet de la pastorale sociale, je suis invitée à parler de ce qui motive les jeunes à continuer à s’engager pour un monde meilleur. La demande est très complexe, mais je tenterai surtout d’exprimer ce qui fait écho en moi.  C’est justement durant la transition vers la maîtrise, lors de la grève étudiante de 2012, que j’ai découvert l’engagement pour le bien commun et pour la justice sociale. Inspirée par mes collègues impliqués dans l’association étudiante des cycles supérieurs, j’ai compris le devoir de me mobiliser pour l’accès à l’éducation, un pilier important dans le cheminement et l’épanouissement des individus et des sociétés. Peu de temps après, j’ai joint le mouvement Développement et Paix-Caritas Canada qui m’a amenée à participer à un court séjour de solidarité en Zambie. Cette expérience a clairement « ajusté mes lunettes »  pour voir le monde à travers les yeux des personnes les plus appauvries. Elle m’a mise sur la route et m’a remplie d’élan et de souffle. J’ai alors également compris les privilèges que j’avais au Canada, l’impact de mes habitudes de vie et le changement nécessaire dont le monde a besoin. Je me rappelle qu’après de longues réflexions et quelques expériences, la transition vers la pastorale sociale s’est effectuée tout naturellement, car elle me permettait d’agir pour la transformation sociale sur plusieurs fronts : en Église, dans mon quartier, à Montréal, avec les paroisses locales et les organismes communautaires, ainsi qu’au niveau national et international, via les réseaux de solidarité et de justice sociale.  

LA RÉSILIENCE DES COMMUNAUTÉS

Ce qui me bouleverse et m’inspire de manière particulière est la résilience des communautés frappées par des drames inimaginables (guerres, tortures, pauvreté, déracinements, calamités naturelles …). Leur créativité dans la résistance et dans la recherche de solutions est incroyable. Dans mon cas, c’est en supportant les campagnes de sensibilisation de Développement et Paix que j’ai approfondi les causes profondes de la pauvreté et des inégalités sociales dans le monde. La toute dernière, Partagez le chemin, embrassée par tout le réseau Caritas depuis 2017, nous invite à réfléchir aux causes profondes de la migration forcée ainsi qu’à la construction d’une culture de la rencontre. Les conférences ou les documentaires organisées par le Centre justice et foi, les colloques de l’Entraide missionnaire, les Journées sociales du Québec, le Cœur des sciences à l’UQAM, le réseau de l’AQOCI ou la maison du Développement durable à Montréal, permettent également d’approfondir notre réalité locale et mondiale. Tant que des personnes continueront à se lever, malgré les drames qu’elles vivent, j’ose espérer que leurs efforts trouveront échos dans les actions d’une jeune génération déterminée et courageuse.

LES DÉFIS DE LA VIE – UNE OCCASION POUR GRANDIR

Lorsque l’indignation monte en moi, j’essaye de la transformer dans une action de changement. De cette manière, les défis de la vie deviennent pour moi des occasions de changer quelque chose et de grandir à la fois, en découvrant mon propre potentiel, de nouveaux talents individuels et collectifs, et (qui sait ?) de nouveaux appels. Parfois, il m’est impossible de le constater sous le coup de l’échec, d’un drame humain en cours, des émotions négatives et du poids de la peine. Avec le temps, je réfléchis à l’occasion qui m’est donné de vivre afin de découvrir la bonté divine qui se révèle à travers la misère humaine, au plus profond de soi et à travers les autres. Inspirée par une prière attribuée à Mgr Romero, j’entreprends des actions avec la confiance que la grâce du Seigneur fera le reste. Des miracles quotidiens se développent ainsi sous mes yeux.

VOYAGER – POUR COMPRENDRE LE MONDE ET SE DÉCOUVRIR SOI-MÊME

J’observe un grand désir chez les jeunes de voyager, que ce soit dans le but de s’arrêter et déconnecter ou en quête de connaissance de soi et du monde. Quel étonnement j’ai vécu en voyant autant de jeunes dans la vingtaine-trentaine sur le Camino Francés (Compostelle), lors d’un pèlerinage entrepris en 2018. Regardez, également, tous ces jeunes réunis au Synode sur les jeunes au Vatican ou en début d’année, à Panama pour la Journée mondiale de la jeunesse ! Ils entendent sans doute, tout comme j’ai entendu aux JMJ de Pologne (2016), l’appel du Pape à quitter le « divan de bonheur » pour devenir des acteurs de transformation sociale, acteurs de leur propre avenir. Finalement, la rencontre avec des personnes et d’autres jeunes de tout horizon est un réel chemin de communion, prometteur d’un avenir différent et surprenant. Car, n’est-ce pas l’Esprit qui nous conduit où il veut ? (Jn 3,8) Au-delà du chaos et de la mort, il y a toujours la vie, toujours une issue. Telle est l’espérance qui nourrit mon engagement social pour un monde à venir.

vol. 124, no 1 • Mars 2019

Chemins franciscains propose un nouvel art de vie inspiré de Claire et de François d’Assise au cœur des défis actuels de la famille humaine.

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