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SUR LA ROUTE SYNODALE, TOUJOURS EN ROUTE, JAMAIS DÉRACINÉS!
Diocèse de Gaspé

REINELDE LANDRY ET ANDRÉ PHILIPPE, MEMBRES DU COMITÉ DIOCÉSAIN

L’invitation du Pape François à engager une large consultation en vue du Synode à Rome d’octobre 2023 afin de mieux marcher ensemble comme Peuple de Dieu suscitait un vif intérêt de notre part : elle se situait dans le contexte du 100e anniversaire de fondation de notre Diocèse célébré sous le thème «Toujours en route, jamais déracinés».

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Le Vademecum s’est avéré un outil précieux pour nous le rappeler et il sera d’actualité dans la poursuite de notre projet.

Au point de départ, le vice-chancelier, responsable du processus et la co-leader ont invité à faire équipe avec eux une agente de pastorale puis directrice d’établissement scolaire en retraite active, toujours en service à l’Église des Îles-de-la-Madeleine et un agent de pastorale à la retraite, présent activement à différentes activités communautaires paroissiales et diocésaines pour une plus grande représentativité des laïcs de l’Église diocésaine.

UN ÉLAN ET UN SOUFFLE AUDACIEUX

Les rencontres de ce comité, dans un climat de prière et de partage, ont permis de clarifier davantage le concept de synodalité et comment pourraient s’harmoniser les énergies pour bien vivre le processus à travers tout le diocèse, selon le modèle proposé dans le Vademecum. Monseigneur Gaétan Proulx, o.s.m. a invité prêtres et laïcs à une rencontre pour le lancement de la consultation, animée par le responsable diocésain et les laïcs du comité afin de saisir ensemble le sens et la portée du processus synodal pour la vitalité de notre Église diocésaine. La célébration eucharistique d’envoi nous a donné un élan, un souffle audacieux.

 

Notre évêque et le responsable, vice-chancelier, ont par la suite, sollicité le leadership pastoral des curés d’une part, et supporté d’autre part, le comité pour que se forment des groupes de prière, de réflexion dans chacune des paroisses pour la consultation synodale.

 

Les communautés diocésaines ont participé de façon inégale, certaines ayant réussi à regrouper les habitués des célébrations; ailleurs on a envoyé un questionnaire réduit à tous les paroissiens; plusieurs membres de la communauté diocésaine ont répondu à l’appel; des cellules se sont formées, ici et là, pour contribuer à la réflexion. Les curés ont fait parvenir le cumul des réflexions au responsable diocésain et un comité élargi formé de huit personnes, laïcs, diacre, curés, religieuse, catéchète, ont assumé la lecture des synthèses déposées afin de dresser portrait de la vie ecclésiale et de dégager les pistes pour un mieux-vivre ensemble dans notre diocèse. Le contexte de pandémie a rendu les rencontres difficiles pour la masse. De plus, les moyens de communication médiatique et le leadership pastoral dans diverses communautés ont été plutôt faibles.

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TROUVER UN NOUVEAU SOUFFLE

La synodalité pose de sérieuses questions, dans ce contexte de grands changements de l’Église où sont ressentis quotidiennement de l’essoufflement ou de la démotivation chez certains membres du Peuple de Dieu. Toutefois, dans l’ensemble, le fait de cheminer dans le processus synodal a permis de témoigner d’un désir de Dieu, de trouver un nouveau souffle pour faire Église et de partager des pistes de solution pour mieux marcher ensemble en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine et à certains égards, proposer des améliorations pour la vie synodale dans l’Église universelle.  De même, les outils proposés nous ont fait réaliser la complexité de la démarche synodale; si l’Église souhaite marcher dans cet esprit, des règles précises telles des étapes à suivre, un échéancier réaliste, une écoute sincère, l’accueil des différences, la sauvegarde des traces, etc. vont faciliter la démarche proposée. Le Vademecum s’est avéré un outil précieux pour nous le rappeler et il sera d’actualité dans la poursuite de notre projet.

TOUJOURS EN ROUTE

Le comité de rédaction composé de huit personnes a pu vivre une expérience synodale exceptionnelle. À chaque rencontre, on invoquait l’Esprit Saint dans la prière suite à une lecture méditée et partagée de la Parole de Dieu avant d’échanger sur les synthèses reçues de la part des communautés paroissiales du Diocèse. De plus, au cours de la démarche, l’Institut de Pastorale des Dominicains de Montréal nous a invités à des sessions de formation sur différents volets du « marcher ensemble » entre autres : les fondements bibliques de la synodalité, les attitudes essentielles dans ce processus, l’apport des Premières Nations, la participation des laïcs dans les soins de fin de vie. Le comité de rédaction s’est mis à l’œuvre avec enthousiasme dans un climat d’accueil des différents points de vue exprimés pour rédiger une synthèse, ce qui constitue une expérience d’Église fort diversifiée sur notre territoire :  la Haute-Gaspésie, la Côte de Gaspé, le Littoral Sud, la Baie des Chaleurs et les Îles-de-la-Madeleine.

 

Cela a suscité chez nous la nécessité d’accueillir davantage les propos des personnes marginales, d’entrer en dialogue plus profond avec notre communauté autochtone de l’Église diocésaine, avec le souci d’accueillir les intuitions qui surgissent à l’improviste dans le courant des générations qui émergent. Humblement, dans une tenue de service, nous avons accueilli et synthétisé les rêves, les souffrances, les défis de notre marche entêtée de notre Église : toujours en route, jamais déracinés, peu importe le vent.

vol. 127, no 3 • Octobre 2022