L’HUMANITÉ À L’AUBE DE RETOMBÉES CLIMATIQUES CATASTROPHIQUES

ÉDITORIAL

Nous sommes entrés dans une période où l’humanité et toute la planète terre sont confrontées à d’immenses revirements climatiques. Nous sommes au début, à l’aube de ces bouleversements dans l’environnement et le climat qui affectent pratiquement tous les pays, toutes les communautés humaines où qu’elles soient.

Les retombées du climat provoquent des catastrophes à grande échelle. En tentant de faire face et d’agir, nous réalisons que tout est lié dans cette crise, la croissance et la conception que nous en avons, la consommation démesurée, le mode de vie, l’attitude égoïste et cupide dans l’usage des biens, l’individualisme aveugle, un orgueil sans limite.

Nous sommes mis à l’épreuve et interpelés à retrouver l’humilité et le respect face à la création et à toute vie, tournés vers « la sauvegarde de la maison commune » qui est menacée. LAUDATO SI, ce texte phare que le Pape François a lancé en 2015, continue d’ouvrir notre prise de conscience.

Dans ce numéro, nous avons des collaborateurs qui viennent du Québec, de la Belgique, de l’Afrique, soulignant ainsi que c’est l’humanité qui est touchée dans sa totalité.

 

Le premier texte de notre Dossier, que signe Mgr Bertrand Blanchet est un article scientifique très pertinent. La crise climatique est observée depuis un bon moment et le travail des scientifiques sonne l’alarme, proclame l’urgence d’agir et de changer et identifie des pistes d’action. Un groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié des rapports depuis 1990. L’ensemble des phénomènes climatiques observés sont décrits, mesurés, analysés. Chaque fois, « on détecte l’influence des activités humaines dans le réchauffement de l’atmosphère et de l’océan… » Les décideurs ont les outils pour agir, l’individu peut, à son échelle, modifier sa façon de vivre et adopter une attitude nouvelle marquée par la reconnaissance et le respect.

 

Dans un deuxième texte, Sylvain Richer, franciscain capucin, vivant au Lac Bouchette à l’Ermitage Saint Antoine, nous dévoile comment il prend soin de l’aménagement et des plantes dans son lieu de vie. Habité par l’amour de la nature, il nous partage toute cette beauté qu’il découvre. »… L’émerveillement est une vertu à cultiver dans notre monde actuel».

 

Depuis deux ans, les pèlerins peuvent bénéficier dans leur prière d’une approche « écologie et spiritualité ». « Si chacun fait de ces gestes quotidiens, habituels, des gestes qui semblent souvent banals, qui sont du domaine de se soucier de son environnement, il agira localement ».

 

Le troisième texte nous transporte en Belgique sous la plume de Jean Cambier. L’expérience des inondations vécues au mois de juillet 2021, le week-end du 10-11 juillet, a été un véritable traumatisme pour les populations vivant dans les régions de Liège et Verviers dans l’est du pays. La rapidité de débordement destructeur d’un petit cours d’eau prend tout le monde par surprise et les précipite dans un drame où surviennent la destruction des habitations et des biens, les noyages et les disparitions, la rupture des services essentiels touchant la vie quotidienne.

 

Bien sûr, on y vit une grande solidarité, mais le désarroi domine. « Ces inondations nous laissent une grande leçon d’humilité devant les éléments de la nature déchaînée et surtout beaucoup de questionnement… » On sent dans cette réflexion l’impact inouï sur chaque personne et son moral d’une catastrophe climatique. Nous sommes vulnérables.

 

Dans le quatrième texte, Sœur Marie-Florence Razanadramanana, nous parle de l’île de Madagascar, terre d’espoir maintenant contrainte au « désespoir ». Là vit une population de 27 millions de personnes réparties à travers cette île, la cinquième plus grande au monde.  Les effets du réchauffement sont concrets et très éprouvants, chaleur torride exceptionnelle et desséchement des rivières dont le niveau d’eau diminue, élevage difficile, maladies aviaires, feux de forêts. Le pays est à cours de ressources pour affronter l’ensemble des effets de la crise climatique et aider adéquatement ceux qui cultivent la terre.

 

Le portrait est sombre mais l’on voit comment le gouvernement, les forces vives, et les différents mouvements du pays font des efforts.

Nous vous offrons trois chroniques dans ce numéro, toutes en lien avec le thème proposé.

 

Gens qui inspirent que rédige le frère Roger Bélisle met en valeur l’action de Claude Lefebvre, un homme au grand cœur. Il se joint à la communauté des Fils de la Charité vers l’âge de 24 ans. Il s’est engagé comme prêtre ouvrier dans les paroisses où il a été envoyé. Sa formation à l’École Missionnaire d’Action Catholique et d’Action Sociale à Lille en France l’a marqué profondément et a déterminé son orientation ainsi que son engagement comme prêtre et comme animateur social.

 

Il ressort de ce texte que là où la personne vit, elle peut agir et influencer son environnement, mobiliser sa communauté, humaniser le milieu. « Claude Lefebvre, un homme à la foi enracinée ».

 

En pleine action, chronique de Lévi Cossette, franciscain, nous partage les réflexions de jeunes de 15 ans sur le thème de l’environnement. Ils estiment « vivre en un pays aux multiples avantages devant les changements climatiques ». « Ils sont scolarisés très jeunes et sensibilisés sur les questions environnementales ». « On pourrait dire qu’il faut une mondialisation de l’effort et une vision renouvelée sur l’évolution de la planète. Loïc et Ilam affirment clairement que c’est la mondialisation de l’engagement qui déterminera l’ampleur de la catastrophe ou la non catastrophe ».

 

Écologie. « Espérer malgré tout » nous dit Bernard Hudon, jésuite, biologiste, membre du Centre Justice et Foi.  « Face à la crise climatique, j’ai pris la position éthique d’espérer malgré tout en l’humanité ».

 

Nous sommes en présence de percées technologiques positives qui contribueront à la solution du problème climatique. Les gouvernements, les partis politiques prennent position. Et souvent les populations sont rendues plus loin que leurs dirigeants.

 

Nous espérons que ce numéro et le thème abordé vous rejoindra dans vos préoccupations. Comme dans toute crise, nous sommes interpelés à discerner la voie à prendre et à nous y engager.

 

Bonne lecture.

vol. 126, no 3 • Octobre 2021