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AU CŒUR DES MOTS

UN TEMPS POUR CHANGER

Une brève présentation de l’ouvrage personnel du Pape François qui a inspiré le thème de ce numéro,

Un temps pour changer.

Pape François, Un temps pour changer. Viens, parlons, osons rêver… Flammarion, Québec, 2020.

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« Qui nous a rendus aveugles à la valeur inestimable de la création…?  » (p. 27)

Le 27 mars 2020, c’est vendredi saint, François se tient sur le parvis, seul, face à la Place Saint-Pierre déserte et grise, silencieuse, la pandémie sévère interdisant tout rassemblement des pèlerins. Il préside une prière pour affronter la pandémie, s’adresse au monde apeuré et perdu.

 

« Peu de temps après, dans une passionnante entrevue à la veille de Pâques, le pape m’a fait part de ses réflexions (écrit le journaliste auteur Austen Ivereigh) sur les tentations, les obstacles et les opportunités que la crise présentait » (p. 207).

 

C’est ainsi que le dialogue s’est engagé entre le journaliste qui voulait en savoir plus et le pape François dont l’intuition approfondissait sa réflexion. Ainsi est né cet ouvrage dans lequel François laisse libre cours à toute sa pensée devant l’évènement de la pandémie et l’appel au changement qui l’habite.

 

Au-delà des diagnostics et des prescriptions, François est intéressé par le processus de transformation, la dynamique de conversion (p. 208).

« Contempler – discerner – proposer », tout l’ouvrage se structure autour de ces trois temps. Ils correspondent au fameux « voir – juger – agir ».

 

Dans cette contemplation, ce voir, il aborde de nombreux thèmes.

L’histoire de Noé, c’est l’Arche de l’amour. Redécouvrir notre lien avec la création et sa beauté. « Qui nous a rendus aveugles à la valeur inestimable de la création…? » (p. 27)

 

Il nous faut sortir de l’individualisme, adopter une culture du service et non une culture du déchet. Nous sommes nés pour l’échange et non pour la connexion. Le sort de la création est lié au sort de l’humanité.

 

Le pape y va de ses expériences personnelles, ses échecs. Nos covids personnelles nous indiquent ce qui doit changer.

 

Trois covids dans ma propre vie.

Le bilan de ce qui doit changer passe par l’examen lucide de ses comportements personnels et la décision de commencer à les modifier. Cette étape est la première, et conduira à modifier lentement les institutions et les organismes sociaux et autres.

 

Au dernier chapitre, « un temps pour agir », le pape François élabore les axes de son action. » Conscient d’appartenir à un peuple et de faire partie d’un destin qui me dépasse », il insiste pour renforcer ce lien au sein du peuple qui est plus que la somme des individus.

Il aborde le thème de la fraternité qui est clé; elle s’ouvre sur le monde et il ajoute que la migration grandissante n’est pas une menace pour le christianisme. « l’ouvrier vaut plus que la brique ». L’orientation de fond est toujours celle d’aller vers les périphéries et les embrasser, là où ou crie la souffrance, la détresse, où la faim et l’abandon se font sentir, où la main est tendue.

 

Ce texte du pape François est un tel cri du cœur. Une profonde réflexion illumine comment la foi chrétienne, si elle est vive et réelle, se traduit par l’action, le geste, l’intervention, à la mesure du talent et la capacité, le vouloir de chaque personne.

La pire des Covid est celle de l’indifférence.

Laissez vous toucher par
l’appel inédit du pape François.
Un-temps-pour-changer

vol. 126, no 2 • Juin 2021