DANS UNE IMMENSE TENDRESSE

ÉDITORIAL

Un souffle puissant qui vient du dedans et d’autre fois

un vent irrésistible qui nous submerge.

Il aura fallu l’expérience de la pandémie pendant au moins une année pour redécouvrir cette dimension de la tendresse dans nos vies, dans nos relations, dans notre quotidien, comme un besoin essentiel à notre sentiment d’être vivant. 

« vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas »

 

LA TENDRESSE, MARIE LAFORÊT

Le premier article du dossier est signé par Mgr Christian Rodembourg. Il a à cœur la tendresse pour l’avoir choisie comme sa devise épiscopale. Il en montre les racines dans le texte du prophète Néhémie alors que celui-ci dévoile que la tendresse est le mouvement de Dieu vers son peuple. Il y a là une continuité puisque St-Paul célèbre la tendresse, sous le nom de « charité » ou « amour », dans son hymne si connue dans l’épître aux Corinthiens, chapitre 13. À la suite, le pape François a fait de la tendresse le thème central de son enseignement et de ses prises de position. « L’amour de Dieu n’est pas abstrait ». Mgr Rodembourg a voulu que la tendresse soit le message central de sa quatrième lettre pastorale à ses frères et sœurs bien-aimés du diocèse de St-Hyacinthe.

 

Dans un deuxième article, le frère Henri Ethier, franciscain, nous dévoile ce qu’est un homme de cœur. Qui mieux que François d’Assise peut représenter  la tendresse vécue dans les gestes quotidiens ? « Déjà doté de belles qualités de cœur », François trouve « au moment de sa conversion au Seigneur Jésus un élan nouveau ». « C’est ainsi que dans la vie fraternelle, il a le souci de bien accueillir chacun des frères ». « Il se fait serviteur… ». « On le voit même baiser le lépreux avec affection ». « … Sa tendresse va s’exprimer aussi dans son amour de toute la création… ». « Tendresse et compassion ouvrent le cœur et font grandir la vie dans un monde qui porte bien des blessures ».

 

Le troisième texte est signé par sœur Claire Bissonnette, osc. Tendresse et compassion de Claire d’Assise, voilà ce qui la caractérise. Elle s’est « nourrie le cœur et l’esprit toute sa vie de la compassion du Christ Jésus pour nous ». Elle vivait cette tendresse dans ses relations quotidiennes avec ses sœurs, en santé ou malades. « Elle enseigne à ses semblables et les entraîne en les aimant… ». Lors du procès de canonisation, les témoignages sont multiples pour rappeler l’authenticité de tous les faits rapportés de son vivant. Sous l’action de l’Esprit, Claire est devenue « femme nouvelle », « miroir du Fils de Dieu ».

 

Réjeanne Martin, sœur de Ste-Anne, signe le dernier texte, « Invitation à la tendresse ». Dans une présentation poétique et imagée, nous découvrons l’humble présence de la tendresse dans les étapes de nos vies faites de vulnérabilité et de persévérance. L’image de l’araignée tissant sa toile est forte. « Ainsi se présente la tendresse tel un fil de soie ténu que notre affection tisse  à l’image d’une araignée nous offrant des espaces de lumière et de consolation à travers les «  zones d’ombre et d’anxiété que nous traversons ». Des tendresses pour les chagrins d’enfant, pour l’adulte sur le chemin des soucis, pour la personne au soir de sa vie « serti d’espoirs ». La tendresse est présente aussi alors que la pandémie nous fait perdre nos repères. « …les générations, en se donnant la main et du cœur dans le partage d’un ‘second regard’, s’offrent l’une à l’autre le rêve d’une espérance qui ne veut pas mourir ».  « Proximité, tendresse et compassion, c’est, dirions-nous, le style de Jésus jusque dans sa mort ».

Nos quatre chroniques enrichissent les articles du dossier.

 

Gens qui inspirent que rédige notre soeur Pierrette Bertrand, met en relief les héros de la tendresse, Les PAB, personnalités de l’année. Oui, les « préposées aux bénéficiaires », ce sont ces dizaines de milliers de personnes demeurées en service au cœur de la tempête, sachant même que leur vie est en péril.

 

En pleine action nous met en relation avec Thérèse, une préposée aux bénéficiaires et bénévole généreuse qui se donne dans le soutien et le service. La Tendresse tout près de moi, rédigée par le frère Lévi Cossette, nous fait vivre le quotidien de Thérèse.

 

Au cœur des mots que rédige Gaston Sauvé, présente l’ouvrage d’Ignace Berten, La sollicitude, un mode de vie évangélique. Une réflexion stimulante par un spécialiste de la doctrine sociale de l’Église. Service aux personnes et remise en question des structures censées servir.

 

Écologie nous partage un magnifique poème du frère Pierre Brunette, Je suis la voûte céleste. « Tout transpire la bonté de Dieu ».

 

D’autres avant nous (1964) ont chanté la tendresse. Nous vous offrons un lien ici pour entendre le chant composé par Marie Laforêt, La tendresse, interprété par une myriade de jeunes artistes réunis sur zoom durant la pandémie pour exécuter « la Symphonie confinée ».

 

« Vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas »

 

vol. 126, no 1 • Mars 2021