LA FRATERNITÉ HUMAINE

ÉDITORIAL

Nous sommes saisis par l’ampleur de cette pandémie planétaire, par sa durée, par le bouleversement qu’elle provoque dans notre façon de vivre, de penser, de tout ce qui nous apparait intouchable. Il en émerge une prise de conscience que nous ne pouvons pas nous en sortir seuls individuellement, que nous sommes interdépendants les uns des autres, à travers les pays et les continents. Jusqu’où devrons-nous aller pour nous éveiller ?

Élevons-nous, regardons ces liens qui nous relient en une fraternité humaine, au-delà des conflits, des différences de langue, culture, appartenances, croyances.

COMME UN FIL ROUGE
Comme un fil rouge qui enfile tous les textes de ce numéro, le thème de La Fraternité humaine se déploie dans les trois articles de notre Dossier, il se répercute dans les quatre chroniques qui viennent compléter la réflexion amorcée.

Le premier texte de Pierre Charland sur la fraternité franciscaine, dit notre « appartenance universelle ou cosmique » comme l’exprimait déjà le Cantique de François d’Assise en 1224. C’est encore une annonce choc au milieu d’un monde qui préfère se structurer autour d’une « hiérarchie de caste ».

 

Le deuxième texte par Mgr Christian Rodembourg, expose une autre facette qui se vit, celle des religions au service de la fraternité dans le monde, telle que perçue ici en pleine pandémie. Les évêques catholiques du Québec ont constitué une Table interreligieuse, pour « travailler ensemble avec nos frères et sœurs des différentes confessions religieuses afin de relever les défis auxquels nos communautés de foi se trouvent confrontées ».

 

La Fraternité humaine, « Fratelli Tutti », est le titre de la lettre encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale, du Pape François publiée le 4 octobre, fête de St-François d’Assise. Le document est présenté dans Le troisième texte signé par Pierrette Bertrand. Elle fait ressortir comment « les rêves de fraternité du pape inquiet pour le monde » se nourrissent directement de l’expérience de François d’Assise. Elle nous offre une synthèse de la pensée du Pape François dans cette encyclique, à partir du résumé éclairant rédigé par l’Union internationale des Supérieures générales (UISG). Sortons d’un « monde fermé ». Nous « désirons un monde ouvert », nous voulons un « cœur ouvert », pour atteindre « la meilleure politique ». 

UNE ORIENTATION

Ce n’est pas un rêve, mais une orientation, une direction. Cette réalité est déjà présente. Les chroniques en présentent différents aspects.

 

Lévi Cossette, dans la chronique En pleine Action, nous présente un « Bénévole à plein temps ». «sa vie se traduit par une volonté d’aider, en mettant au service des autres, des talents, des capacités, des habiletés ».

 

La chronique Ces gens qui inspirent, est rédigée par Mélissa Cabana. Les cliniques mobiles de Médecins du Monde vont à la rencontre de ces milliers de personnes qui n’ont pas accès aux soins de santé, qui sont exclues par leur statut migratoire non confirmé. C’est là un « service de soutien unique ».

 

Pierre Brunette, dans la chronique Environnement, nous fait sentir dans les mots de son poème « Je suis le vent qui va et vient et vire », le mouvement de réveil en action, le mouvement de l’Esprit qui donne vie et « gonfle d’infini ».

 

Au cœur des mots, la chronique que je rédige, met en relief l’actualité de l’expérience de François d’Assise, sa sagesse éclairante pour aujourd’hui, telle qu’elle nous est présentée par Éloi Leclerc, dans son livre La Sagesse d’un pauvre.

 

Retrouver la fraternité humaine pour sortir des crises que nous affrontons, c’est vraiment une « grosse affaire » dirait Claire d’Assise. Ouvrons-nous, ouvrons notre cœur à Dieu, à l’Esprit qui insuffle la vie.

 

Nous avons voulu que ces textes soient une source d’inspiration pour aller plus loin, pour nous mobiliser à construire la fraternité.

 

Bonne lecture !

vol. 125, no 12 • Décembre 2020