
L’engagement dans le respect de la planète, de la nature, doit s’installer au cœur des personnes de bonne volonté à tous les niveaux d’action et d’intervention des hommes et des femmes de notre temps.

Au moment de la réception du thème du numéro de Chemins franciscains pour l’été 2026, un grand amant de la nature vit avec nous une série de rencontres sur la découverte de la spiritualité franciscaine à l’occasion du huitième centenaire de la mort de Saint François d’Assise.
M. Steven est un passionné de la nature et de toute créature : les arbres, les roches, les animaux, toutes les plantes (que l’on dit sauvages) le fascinent et l’invitent à la découverte de l’œuvre de Dieu, remplie de secrets mystérieux qui suscitent l’émerveillement.
Dès son très jeune âge, avec sa maman, il fréquente « La Grotte » lieu de résidence des frères franciscains de la région de Lachute, lieu révélateur de la personnalité de Saint François « chantre de la création ». Il mentionne comment il était impressionné par un environnement naturel et spirituel, devant lequel il était « ébloui »; ce sont ses propres mots. Il est grandement impressionné par la nature, les animaux, les plantes, le chant des oiseaux. Il se révèle comme un contemplatif en herbe, en croissance. Il habite dans un environnement boisé aujourd’hui, tout comme il y a vécu sa jeunesse.
Steven a toujours été attiré par le côté religieux de la vie. La fréquentation du lieu de vie des franciscains a laissé chez lui une marque ineffaçable. Il fréquente régulièrement le lieu, et il vient y passer des temps de prière et de contemplation de la nature et du Dieu de la création. Dans ses passages, il attache une grande importance à la place de la Vierge Marie, dont la statue est bien installée dans une grotte construite dans le creux d’un rocher, en rappel des apparitions de Lourdes, dont la résidence de Lachute porte le nom « Grotte Notre-Dame-de-Lourdes ».
Un retournement intérieur.
Lors d’un pèlerinage à Assise, à l’âge de 30 ans, Steven a vécu un grand retournement intérieur, comme un coup de foudre devant la dépouille de Saint-François. Sa « vie dans le siècle », pour prendre une expression chère à Saint-François, a été secouée. Il ne se gêne pas pour dire que, dans sa vie de jeune adulte, il y a eu de la turbulence et de la fête à la manière du jeune troubadour de la ville d’Assise. Ce pèlerinage a marqué pour toujours la vie de Steven et il en savoure encore les bons effets aujourd’hui.
Selon la logique de son attrait pour la nature, Steven a fait des études professionnelles en foresterie. Il est devenu enseignant et toute sa vie il a cultivé une passion pour l’aménagement de la forêt. Dans la nature, l’arbre, l’animal, sont des êtres vivants à respecter. L’arbre, l’animal, la roche lui parlent, et, avec les animaux, il trouve une complicité de vie à explorer. En même temps, le non-respect de la nature atteint sa grande sensibilité. Il remarque un manque de sensibilité chez un grand nombre de personnes sur ce point. Comme pour pallier à ce comportement, sa passion ne peut que grandir en créant une harmonie entre sa vie et son travail d’enseignant. Steven a pratiquement habité toute sa vie dans un espace boisé, qu’il s’est appliqué à reboiser. Quand il reboise son patelin, c’est la planète qu’il a conscience de régénérer. Et il voit cela comme une urgence de favoriser la vie sur terre par le reboisement. Les espaces et lieux à reboiser sont innombrables et illimités. La planète, par le réchauffement climatique, lance un appel urgent au respect de son présent et de son avenir. Il déplore, au long de l’échange, la distanciation prise par rapport aux Premières Nations, dont la sagesse de vie aurait tant de choses à enseigner.
Dans la découverte de Saint François, lors de son pèlerinage mentionné en début de cette chronique, Steven a été touché par « l’homme de Dieu ». En effet, François d’Assise était habité de regards contemplatifs sur Dieu, sur l’homme, sur la nature. Inspiré par François, il s’est lui aussi laissé façonner au quotidien par l’émerveillement au contact de Dieu, de l’être humain et de la nature qui en sont l’expression physique et visible et accessible. Oui, la rencontre de Dieu est possible et vraie dans la rencontre de la vérité de la personne humaine et dans l’élan de vie qu’exprime la nature. Steven vit encore et toujours en un espace boisé avec des heures interminables passées dans la forêt, dans la plantation d’arbres et dans la découverte des herbages riches de toutes espèces de nutriments.
Dans la mention de François Homme de Dieu et de la nature, c’est le projet de toute sa vie que Steven exprime. Depuis son enfance au cours de laquelle François et les petits oiseaux l’ont impressionné, le champ d’impression s’est agrandi. L’adulte et l’homme mature a élargi son émerveillement, voyant chez François d’Assise un modèle engageant. Il termine l’entrevue par la mention du pape François dont la mémorable encyclique sur la création invite au respect de la « Maison commune », nom donnée à notre planète terre. Steven est bien conscient que l’engagement dans le respect de la planète, de la nature, doit s’installer au cœur des personnes de bonne volonté à tous les niveaux d’action et d’intervention des hommes et des femmes de notre temps. Quant à lui, il continue de planter des arbres, d’admirer la belle oeuvre qu’il accomplit, d’écouter le chant des oiseaux, les gémissements nocturnes des animaux, à quoi il ajoute le soleil et la lune à contempler assis sur son balcon.
vol. 129 no 2 • Septembre 2024
