
FRANÇOIS D’ASSISE
ET LA PAUVRETÉ ÉVANGÉLIQUE
La beauté du vécu de la pauvreté chez François se trouve dans la simplicité, l’humilité, l’acceptation de vivre la pauvreté dans la joie, la paix, la fraternité et la louange.

À l’occasion du huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise, le pape Léon XIV a promulgué l’année de saint François, qui s’étendra du 10 janvier 2026 au 10 janvier 2027.
Né à Assise en Italie en 1181 (1182 selon certains auteurs), François est mort dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226. Fils d’un riche marchand Italien, François reçoit à son baptême le nom de Jean. À son retour d’un voyage d’affaires en France, son père va le surnommer Francesco (le petit Français).
Il est associé au commerce paternel et gagne beaucoup d’argent qu’il va gaspiller dans les fêtes avec ses compagnons. Habile, courtois, joyeux, François a tout pour réussir. Il fait de la prison, parce qu’à 18 ans, il avait participé à la guerre qui opposait Assise et Pérouse, la ville voisine et rivale. À sa sortie de prison il tombe malade. Et c’est en ce moment-là que commence à changer son univers intérieur. Solitude et réflexion émergent dans sa vie.
Quand il retrouve ses forces, il commence à fréquenter les petites églises abandonnées pour y prier. Il visite les pauvres, les malades, en l’occurrence les lépreux. Il entreprend de restaurer des églises. Son père ne comprend pas ce changement qui le met profondément en colère et provoque la séparation entre le père et le fils.
L’ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR
Un jour, dans le Sanctuaire Sainte Marie de la Portioncule, il entend cette lecture de l’évangile selon saint Luc: « Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.“ » (Lc 10, 3-5).
En écoutant ce texte, François s’exclame en disant : « voilà ce que je veux, voilà ce que je cherche ». C’est ainsi que commence irréversiblement le chemin de la pauvreté chez François. Il s’engage à aller dans le monde, comme les disciples, démuni de tout, pour annoncer la paix. Voilà comment François choisit dame pauvreté dans sa mission de disciple du Christ. Comptant sur la Providence, il vit le dépouillement, le détachement et la simplicité.
LA PAUVRETÉ ÉVANGÉLIQUE
La pauvreté selon François s’inspire de l’Évangile. Elle s’enracine dans la Parole de Dieu, et s’incarne dans la vie de tous les jours; c’est une pauvreté choisie, une pauvreté volontaire. L’amour de la très haute pauvreté chez François était visible. La pauvreté qui a été la compagne du Fils de Dieu qui « n’avait pas d’endroit où reposer la tête », (Mt 8, 20) est devenue l’épouse de François d’Assise. Jésus-Christ reste son modèle de pauvreté. Pour lui, « la pauvreté est la reine des vertus parce qu’elle a brillé sur Jésus Roi et sur sa mère Marie, Reine », nous dit saint Bonaventure dans le livre d’Ivan Gobry.
François disait à ses frères que « la pauvreté est le chemin privilégié du salut, car elle est la sève de l’humilité et la racine de la perfection ». (Cf. Ivan Gobry, Saint François d’Assise, p. 277).

L’EXPRESSION DE LA PAUVRETÉ CHEZ FRANÇOIS D’ASSISE
Chez François, on rencontre deux types de pauvretés : la pauvreté matérielle et la pauvreté de l’être intime. Les éléments qui constituent la pauvreté de l’être intime sont les suivants : la maladie, l’échec, le retrait, le fait de remettre toute son œuvre à d’autres, le fait de se remettre entre les mains des frères et de s’abandonner soi-même, entre les mains de Dieu.
La manière de François d’Assise de vivre la pauvreté trouve son expression dans le : dépouillement; se dépouiller de tout ce qui nous encombre en le donnant aux pauvres, pour compter uniquement sur la Providence. Le détachement; se détacher de tout ce qui peut nous distraire, ou nous détourner de l’essentiel qui est Jésus et son amour; ne rien posséder: ni rien, ni personne. La pauvreté chez François trouve également son expression dans la radicalité. Selon Saint Bonaventure, François, « depuis le début de sa vie religieuse jusqu’à sa mort, n’eut pour toutes richesses que sa tunique, sa corde et son caleçon, et cela lui suffisait ».
Le travail est un élément à ne pas négliger dans le vécu de la pauvreté franciscaine. En effet, François demandait à ses frères de travailler pour chasser l’oisiveté et d’exercer les emplois méprisés, sales, des emplois qui rendent service aux pauvres.
Dans son livre Sagesse d’un pauvre, Éloi Leclerc nous présente le dialogue entre le frère Léon et saint François dans lequel François dit ceci à Léon, à propos du travail : « je veux travailler de mes mains. Et je veux aussi que tous mes frères travaillent. Non pour le cupide désir de gagner de l’argent, mais pour le bon exemple et pour fuir l’oisiveté » p. 121. Par ailleurs, pour François, le travail devait toujours se faire de façon équilibrée, sans oublier d’adorer le Dieu vivant et vrai.
PAUVRE DEVANT LA MORT
En conclusion, nous pouvons dire que, le modèle de pauvreté selon François, reste quand même un idéal, pas facile à adapter dans notre monde actuel, mais possible à vivre selon les dispositions de tout un chacun. La beauté du vécu de la pauvreté chez François se trouve dans la simplicité, l’humilité, l’acceptation de vivre la pauvreté dans la joie, la paix, la fraternité et la louange. Face à la mort qui est une autre forme de pauvreté selon François, celui-ci s’était abandonné, en se réconciliant avec celle qu’il appelle « notre sœur la mort corporelle ». François d’Assise ne repose pas en paix, il continue à travailler au cœur de l’Église et au cœur du monde.
