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COMMENT LA SYNTHÈSE PROVINCIALE QUÉBÉCOISE DU SYNODE SUR LA SYNODALITÉ A-T-ELLE ÉTÉ RÉDIGÉE?

BRUNO DEMERS, op

À l’invitation du pape François, les Églises du Québec se sont engagées dans le processus synodal sur la synodalité à l’automne 2021, l’hiver et le printemps 2022. Les chrétiens et chrétiennes ont pris le temps de faire le point sur leur « cheminer ensemble » à tous les niveaux de la vie des Églises diocésaines. Ils l’ont fait à travers de multiples activités de sondage et d’échange de toutes sortes, dans l’écoute de la Parole de Dieu, des uns et des autres, dans la prière et dans le discernement. Chaque diocèse a constitué un comité de rédaction pour recueillir les paroles échangées et partagées et a envoyé sa synthèse au secrétariat de l’Assemblée des Évêques Catholiques du Québec pour le 17 juin 2022. 

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« Pour que l’Église se renouvelle et continue,
voici le temps favorable ! »

C’est ainsi qu’environ 20 synthèses diocésaines de 10 pages se sont retrouvées au secrétariat. Comment synthétiser ces 200 pages en un document de 10 pages ? Dans la continuité de l’esprit synodal de toute la démarche, il était important que la synthèse provinciale ne soit pas l’œuvre d’une seule personne. Un comité provincial de rédaction a donc été constitué avec une ou un représentant des cinq provinces ecclésiastiques du Québec : M. Jimmy Delalin du diocèse de Baie-Comeau, Mme Stéphanie Bernier du diocèse de Saint-Hyacinthe, M. André Inkel du diocèse de Gatineau, Mme Françine Beaulieu-Roy du diocèse de Saint-Jérôme – Mont-Laurier, et M. Marc Fournier du diocèse de Chicoutimi. Ce comité a été placé sous la responsabilité du frère Bruno Demers, o.p. et coordonné par M. Germain Tremblay, adjoint au secrétaire de l’AÉCQ.

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LA LECTURE DES DIVERSES SYNTHÈSES DIOCÉSAINES

Presque tous les diocèses du Québec ont respecté l’échéance du 17 juin. Le comité de rédaction devait procéder rapidement afin d’en arriver à une synthèse provinciale québécoise pour le 11 juillet, date de remise au secrétariat de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada. En une semaine, tous les membres du comité ont lu les 20 rapports et identifié les grandes lignes de fond qui se dégageaient. Il s’agissait, non pas de se limiter aux points communs à tous les rapports mais de donner écho, autant que possible, à tous les éléments différents. Chaque membre du comité a donc rédigé sa propre synthèse qui a été acheminée aux autres membres. En quelques jours, tous ont eu l’occasion de lire ces six synthèses pour la réunion par Zoom prévue le 22 juin. Un bel échange a eu lieu où les principaux thèmes sont apparus.

COMMENT ORGANISER LES THÈMES DE LA SYNTHÈSE?

Lors de cette même réunion, le comité de rédaction s’est aussi posé la question de l’organisation des thèmes. Nous ne voulions pas que notre rapport ne soit qu’une énumération de constats dégagés des cheminements, au terme de laquelle il est difficile de retenir quelque chose. Le comité s’est donc demandé s’il n’y avait pas une trame de fond qui se dégageait des diverses synthèses diocésaines et qui pourrait organiser la synthèse. Très tôt dans l’échange est apparu le thème du désir de changement et plus précisément encore, l’urgence de la situation. Ce thème a inspiré le premier titre de la synthèse : « Pour que l’Église continue ».

Le frère Bruno Demers s’est donc mis à la tâche et a tenté un premier plan détaillé de la synthèse provinciale en incluant l’idée de « renouvellement » dans le titre. Ce plan détaillé a été communiqué aux membres du comité de rédaction qui ont réagi à la proposition et ont fait apparaître un nouvel élément qui se dégageait aussi des synthèses diocésaines : le thème du « temps favorable ». En effet, toutes les rencontres et tous les sondages avaient été vécus comme des expériences positives illustrant la possibilité de vivre concrètement la synodalité dans les Églises diocésaines. Nous avions donc la trame de fond de notre document et son titre : « Pour que l’Église se renouvelle et continue, voici le temps favorable! » Le responsable du comité de rédaction a donc colligé les observations et rédigé une première version de la synthèse.

RÉVISIONS BONIFIANTES DE LA SYNTHÈSE PROVINCIALE

Le 30 juin le frère Bruno Demers est allé présenter cette première rédaction de la synthèse provinciale à l’exécutif de l’Assemblée des Évêques Catholiques du Québec. Il ne s’agissait pas de faire corriger le document par des pasteurs mais plutôt de recueillir de possibles éléments qui auraient été oubliés. La démarche synodale est un exercice de toute l’Église. Son rapport entend refléter les contributions de tous. Les évêques de l’exécutif ont apporté quelques précisions. Le responsable du comité de rédaction les a intégrés au rapport et a envoyé cette synthèse aux membres du comité de rédaction pour vérification.

 

Le 6 juillet le comité de rédaction a tenu une dernière réunion par Zoom afin de réviser la rédaction bonifiée de la synthèse provinciale. Le responsable du comité a intégré les diverses observations mentionnées à cette occasion. La version finale de la synthèse provinciale a été remise au secrétariat de l’AÉCQ le 9 juillet afin qu’elle soit traduite en anglais pour être remise le 11.

 

La synthèse a ensuite été envoyée au secrétariat de la Conférences des Évêques Catholiques du Canada à la date prévue. Ce dernier a commencé son travail de rédaction de la synthèse canadienne à partir des 4 rapports couvrant les quatre régions canadiennes : les provinces de l’Est, du Québec, de l’Ontario et les provinces de l’Ouest. On retrouve opportunément plusieurs éléments de la synthèse québécoise dans la synthèse canadienne.

LES SUITES À DONNER AU DOCUMENT

Que va-t-il advenir de la synthèse provinciale québécoise? Presque toutes les synthèses diocésaines ont exprimé le désir que des suites soient données à leur document. Il en va de même pour la synthèse provinciale. Lors de leur assemblée plénière automnale du 19 au 22 septembre 2022, les évêques se sont mis d’accord sur la nécessité, pour chaque diocèse, de s’approprier sa propre synthèse diocésaine ainsi que la synthèse provinciale. Ce travail s’effectuera jusqu’à la prochaine rencontre de l’Assemblée plénière des évêques en mars 2023 où, avec les rédacteurs des synthèses diocésaines, seront envisagées les prochaines étapes du chemin synodal à partir des multiples activités de réception au niveau des diocèses.

IMPRESSIONS PERSONNELLES SUR LA DÉMARCHE

En tant que responsable du comité de rédaction j’ai été privilégié d’avoir accès aux multiples synthèses diocésaines qui, dans leur grande majorité, ont été faites soigneusement. On voit bien que les gens ont eu à cœur les objectifs du parcours synodal. Ces synthèses sont riches d’observations sur la situation réelle et de possibles pistes d’avenir. L’état de l’Église au Québec présente des défis sérieux, on ne peut se le cacher. Mais l’exercice sur notre « cheminer ensemble » en groupe et dans l’écoute de la Parole et des uns et des autres a été lui-même source d’espoir et d’encouragement. Je crois que des éléments intéressants sont en puissance dans les diverses synthèses. Nous avons besoin de relire tout cela avec les autres, en étant attentifs à ce qui se profile comme appels à la conversion, améliorations, ajustements, pistes d’exploration. Nous ne sommes qu’aux débuts d’un véritable cheminement synodal. Peut-être devons-nous commencer par apprivoiser honnêtement ce dont nous avons fait une première expérience ?

vol. 127, no 3 • Octobre 2022